nstallation (grillage, papier de soie et autres papiers de diverses origines, colle, encre, fils de papier, fils transparents, technique de brûlage)

Dimensions variables

Les nuages flottent parmi nous, ici et là, comme des histoires dispersées entre le proche et le lointain. Les détails d’histoires entremêlées traversent notre corps et laissent leur empreinte. Ils ne peuvent se transformer qu’en une volée d’oiseaux ou de nuages survolant tout. Cette installation représente les vestiges d’une mémoire brumeuse et désarticulée du passé, dont une grande partie a été effacée à la suite de traumatismes successifs. Cette mémoire porte en elle à la fois l’altération de la forme et un sentiment captivant de légèreté. L’œuvre est une tentative de trouver une équivalence sensorielle entre cette mémoire et sa forme actuelle.

Composée de papier et de grillage métallique, l’installation est un corps éphémère suspendu. La lumière traverse les différentes couches de matière et esquisse un langage visuel, celui de cette mémoire mouvante et changeante, qui semble s’affranchir du poids du temps et des limites du lieu.

Dans « Matière et mémoire », Henri Bergson voit en l’âme la demeure du passé et dans le corps celle du présent, ce corps comme une limite mouvante entre l’avenir et le passé, comme une pointe mobile que notre passé pousserait incessamment dans notre avenir.